Revue de presse

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Histoires de l'homme

 

Geneviève SIMON : « L'homme, ses doutes et l'écritoire » (Bruxelles, La Libre Belgique, 31 janvier 1997).

Le premier roman de Patrick Krémer est avant tout un hymne à l’art pour l’art, celui que l’on crée nécessairement pour soi. Un régal.

« Chaque livre en soi est un pitoyable échec, qui n’est jamais à la hauteur des ambitions naïves et présomptueuses de l’homme des mots » : un aveu lancé en toute modestie par Patrick Krémer dans Histoires de l’homme, son premier roman.
Un premier roman en forme de testament littéraire puisque le lecteur y décèle, sous la destinée de Joseph K., écrivain tourmenté, la difficulté de créer. Des propos qui auraient pu surgir de la plume d’un vieil adepte de l’écriture partageant sa longue — et néanmoins limitée — expérience.
Et pourtant… Patrick Krémer, à côté des nouvelles et des poèmes qu’il a déjà publiés dans diverses revues, a longuement travaillé des textes phares de la littérature dans des études qui s’intéressent à Rimbaud, André Rolland de Renéville et Henri Michaux. Il est également à l’origine de la revue Courant d’Ombres qu’il a créée avec René Pons.
L’auteur a sans doute mis beaucoup de lui-même dans ce roman. Et qui dit expérience pense autobiographie, entre proximité et distance par rapport au vécu. Car « le romancier met en scène une vie qui, tout en l’étant, n’est pas la sienne ».

L’homme des mots face à son âme.

Le récit s’ouvre alors que vient de mourir Joseph K. Il se dédouble : son âme s’envole alors que le narrateur, homme des mots, demeure. Ce dernier s’adresse alors à la conscience morte pour tenter de dresser le bilan de sa trop courte existence.
La mort sert ici de révélateur. Apparaît alors toute l’hypocrisie dont sont capables les humains. Hier décrié, l’écrivain est aujourd’hui adulé. Car il se voulait homme des mots, pour sentir éclore sous sa plume un texte qui lui devrait tout. Mais les fonctionnaires de l’écriture n’ont pu comprendre la teneur de son travail, de sa quête. Encore moins les critiques écorchés au passage. En réparation du préjudice subi, il se propose même de déposer une plainte en diffamation auprès des autorités incompétentes !
L’homme mort lutte en vain pour retrouver son intégrité. Dans un cri de révolte qui reste sans voix.
Le film de la vie de Joseph K. se déroule à l’envers, de la mort à la naissance. Hanté par le doute, il s’interroge : pourquoi écrire, pourquoi subir la tyrannie des mots ? Pour se guérir de sa naissance ? Parce que c’est un acte désespéré, ou névrotique?

Échapper à la norme

S’inscrit aussi la difficulté — qui est pourtant une volonté délibérée — de vivre en étranger, car « être reconnu, accepté, c’est aussi être nié dans sa singularité, repris par "la norme” ». Ce qui le pousse à oser refuser le prix Nobel. Cette sensation d’«étrangèreté » pèse d’autant plus qu’il faut vivre et composer avec la réalité physique.
Et là où l’absence d’un père ne sera jamais comblée, deux rencontres décisives ont forgé sa passion pour les Lettres : l’une lui apportant la révélation du « Livre », l’autre celle de « l’Écriture ».
Ce roman est surtout le parcours de la solitude d’un homme des mots face à la page qui attend d’être noircie ; d’un artiste face à la société ; d’un écrivain face aux institutions littéraires dont les rouages sont trop bien huilés ; d’un être humain face à ses pairs et surtout face aux femmes.
Écriture bouillonnante et flamboyante, mots agencés avec ravissement, ton incisif et parfois percutant : tels sont les nobles ingrédients utilisés par Patrick Krémer. Et pour épicer le tout, il ajoute un brin de dérision. Résultat : un vrai régal.
« En Art, seule existe la nécessité, cela que rien ne peut contenir, qui s’empare de l’être et le traîne devant le tribunal de la page blanche (une toile fera tout aussi bien l’affaire, ou une partition), le somme de se justifier d’un forfait qu’il ignore avoir pu commettre, et le condamne toujours, quoi qu’on pense ou dise, à la peine maximale.»

 

 

Claude MOURTHÉ: Le Magazine littéraire n°349, décembre 1996

Ecce homo. Au moment où l'on nous révèle, à l'occasion du prix Nobel, des personnalités dont nul ne soupçonnait l'existence, il est intéressant de se plonger dans la biographie imaginaire d'un grand écrivain qui, justement, a refusé le prix Nobel et que l'on enterre à Montparnasse à côté de Sartre, qui l'a refusé lui aussi, et de Beauvoir. Dès le premier chapitre, cet écrivain devient un symbole. Il incarne l'écriture. Par le truchement d'un « narrateur », l'homo évidemment sapiens, nous raconte, dans une émouvante modestie, qu'il a vécu « l'élan vers le pire », c'est-à-dire vers une renommée forcément suspecte, au soir de sa vie. Précieux dans tous les sens du terme, il est le prototype de ce qui restera quand les cybercafés auront envahi la planète. Très joliment, le livre, qui débute par des obsèques, se termine par les prémices de la vie, lorsque tous les possibles existent encore, y compris celui de la gloire. Ce champ infini et momentanément désert, tel celui de la page blanche, n'est-il pas plus séduisant que les hochets dont s'affuble ensuite la célébrité ?

 


Laurent Robert : Le Carnet et les instants n°96, janvier-mars 1997

Acte de naissance

Écrire et publier un premier livre ne reviendrait-il pas à prendre en main sa propre naissance, à en signer l'acte au fil des mots qu'on arrache impudiquement de soi pour les révéler à quelques-uns ? Aussi n'a-t-on pas toujours le courage de tricher ni le talent d'inventer. Le moindre jardinet de l'enfance contient son exil et ses grands espaces. Et quel tourment n'en vaut un autre?
Avec Histoires de l'homme, Patrick Krémer choisit de déjouer les conventions en les heurtant de pleine face, volontairement et ludiquement. Son récit en sept parties aurait pu se contenter de suivre la banalissime aventure d'un Belge de France, expatrié de quatre sous prenant la pose de l'écrivain. De l'amour de Paris au souvenir d'Ostende, il aurait inclus la mélancolique imagerie commune, comme il aurait goûté le folklore et les habitudes de langage : « taiseux par atavisme, il n'aimait pas avoir à parler, sauf lorsqu'il était seul et qu'il se plongeait dans de longs soliloques...» Pour éviter le piège d'une narration convenue, l'auteur a pris des partis d'écriture qui confèrent au texte à la fois rigueur et étrangeté. De la naissance, il n'est pas question d'emblée mais seulement au terme du livre accouché, quand se se sont dissipés les sinuosités du style et les atermoiements du sujet et qu'un « je » peut enfin apparaître. Bien avant d'être mis en vie, l'homme s'avère d'abord mis en terre au cours d'une ironique cérémonie d'hommage au poétaillon. L'enterrement fictif est l'occasion d'un dédoublement et d'une mise à distance : le narrateur des histoires n'est le plus souvent qu'un protagoniste, un faux jumeau de l'homme, que l'on observe auscultant sa vie et la décrivant sans en omettre les absurdes ni les contradictions. Tronquant sciemment les jeux de miroir, étirant ses phrases et les compliquant à l'envi, Patrick Krémer tente à sa façon la gageure d'un Pessoa, qui souhaitait « pouvoir être toi, restant moi-même ! / Avoir ta joyeuse inconscience, / Et la conscience de cela ! ». Il le fait cependant sans nommer ses frères de papier, sans identifier qui se cache derrière les masques, qui s'invente un destin sous le travestissement. C'est entre lui et lui que prennent cours la dérision et la tendresse, la quête mémorielle et le désir d'être. L'entreprise paraîtrait solipsiste, voire stérile, n'était l'effort au style, en l'occurrence la concaténation obstinée de sentiments et de réflexions qui forment un ensemble en perpétuelle nuance, sans cesse à recomposer. Les Histoires n'en sont donc pas, et les bribes de souvenirs excluent la nostalgie comme l'attendrissement sirupeux. En fait, le texte ne se donne pas à lire mais s'opacifie peu à peu : il faut creuser la chape des mots tant elle se refuse au charme et récuse les séductions de bimbeloterie. Tour à tour hésitant et sûr de lui, l'écrivain et ses fantômes nous entraînent dans de singuliers méandres, dans des ruelles où se perd la certitude d'aboutir quelque part.

 

 

 

Sciences maudites et poètes maudits

 

 

Monique Dorsel : « Un grand livre aux éditions Le Bois d'Orion » Le Mensuel littéraire et poétique, septembre 1997

En publiant ce volume inédit, Sciences maudites & Poètes maudits d'André Rolland de Renéville, les éditions Le bois d'Orion rendent hommage à l'écrivain maudit qu'est André Rolland de Renéville. Il faut rendre grâce à Patrick Krémer de s'être engagé à défendre cette œuvre méconnue qui occupe une place si essentielle dans l'aventure du Grand Jeu. Rolland de Renéville y fut aux côtés de René Daumal et de Roger Gilbert-Lecomte, l'une des têtes pensantes. Grand ami de Michaux, de Cioran, Éliade, Ionesco, il ne cessera d'interroger l'expérience poétique, l'expérience mystique ; ses lectures chargées de cette quête porteront aussi bien sur la poésie tibétaine que sur Swedenborg, Breton, Poe.

 


Alain Virmaux : Europe n°822, octobre 1997

À défaut d'être lui-même un poète maudit, Renéville (1903-0962) est-il un écrivain maudit ? C'est la question que pose, en ouverture de sa préface, l'éditeur du présent recueil, Patrick Krémer. À première vue, l'étiquette pourra paraître légèrement outrée. Renéville fait aujourd'hui figure d'écrivain délaissé, oublié, injustement négligé sans doute par la postérité, plutôt que de véritable “maudit”. Pourtant la thèse de Krémer ne manque pas de cohérence. Il relève d'abord que Renéville, tout comme Nerval ou Baudelaire, s'est constamment référé aux sciences dites “parallèles”. Il souligne ensuite que sa place dans l'histoire des idées et son rôle majeur dans l'aventure du Grand Jeu ont été presque toujours occultés par commentateurs et historiens. D'où l'urgence de réagir vivement contre cette relégation inique.
La préface de Patrick Krémer prend ainsi l'allure d'un vigoureux plaidoyer en défense pour l'auteur de Rimbaud le Voyant. Plaidoyer d'une fougue quasi juvénile : « il faut hurler au scandale », nous dit-on. Cette fièvre de réhabilitation entraîne le préfacier à quelque peu malmener ceux — Fondane, Delons, Etiemble — qui se sont un jour ou l'autre opposés à Renéville. Au demeurant, l'entreprise inspire la sympathie : Renéville méritait sûrement mieux que l'image de “fossoyeur” du Grand Jeu qu'on lui a hâtivement accolée. Réputation très liée à un souci de respectabilité — il était magistrat — et à une prudence qui le firent se tenir soigneusement à l'écart du politique et des conflits du siècle. On qualifia même sa conduite de “lâcheté” : terme d'autant plus frappant qu'employé par deux hommes, René Daumal et Michel Leiris, qui nourrissaient par ailleurs la plus vive estime pour Renéville. Faut-il alors en revenir à la césure éculée entre l'écrivain et l'homme ? Patrick Krémer s'emploie avec brio à combler le hiatus, et sa démonstration emporte souvent l'adhésion.

Renéville a beaucoup écrit, et relativement peu publié. Il remaniait sans trêve ses pages, et quelques-uns de ses projets sont ainsi restés en chantier. Tel est le cas du présent ouvrage « qu'il envisagea de longue date sans jamais pouvoir le mener à bien», selon Patrick Krémer. Il rassemble une quinzaine de textes, dont plusieurs étaient parus en revues, ou sous forme de préfaces, entre 1932 et 1948. Celui qui donne son titre au livre — “Sciences maudites et poètes maudits” — avait été publié en 1947 dans Les Cahiers d'Hermès. Quelques textes sont entièrement inédits et, comme Renéville ne datait jamais ses manuscrits, on éprouve parfois quelques difficultés à les situer. Du moins le texte “Situation d'André Breton” peut il être replacé en 1948, ou peu après, puisqu'il prend appui sur Arcane 17, en indiquant que sa parution était intervenue « récemment ». Les autres fragments étudient l'influence de Swedenborg, de Claude de Saint-Martin ou de la Kabbale sur Goethe, Chamisso, Balzac, Poe, Baudelaire, Nerval. L'axe majeur du recueil, on le voit, est constitué par les interférences entre l'expérience mystique et l'Expérience poétique (titre d'un des principaux ouvrages de Renéville, 1938). Il faut souhaiter que le présent recueil aide à restituer sa vraie place à un écrivain sinon “maudit”, du moins assurément méjugé.

 


Marc Blanchet : « Essayiste maudit » Le Matricule des Anges n°21, novembre-décembre 1997.

En littérature, certaines redécouvertes tiennent plutôt d'exhumations. Né au début du siècle à Tours, décédé en 1962, André Rolland de Renéville est oublié aujourd'hui. Il fut pourtant une des figures essentielles de la revue Le Grand Jeu animée par René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte. En 1929, son ouvrage Rimbaud le voyant annonce déjà une compréhension saisissante de l'univers rimbaldien. Si André Rolland de Renéville a écrit plusieurs recueils de poésie, c'est l'essayiste que les éditions Le Bois d'Orion nous proposent d'apprécier ici à travers une série de textes regroupés sous le titre Sciences maudites & Poètes maudits.
La plupart de ceux-ci sont inédits, les autres furent publiés entre autres à partir des années trente dans la NRF et dans la revue animée par André Rolland de Renéville : Les Cahiers d'Hermès.
L'ouvrage se divise en trois parties, liant toujours expérience poétique et expérience mystique : d'abord un premier volet portant le titre de l'ouvrage, un deuxième consacré à Louis Lambert de Balzac, Edgar Poe, Goethe, Chamisso, André Breton et deux textes essentiels sur les rapports entre poésie, absolu et occultisme. Enfin, une troisième partie s'intéresse notamment à la Grèce et ses mystères, à la légende de Gilgamesh et aux livres de la civilisation tibétaine.
Rien de fastidieux ni de dogmatique : tout s'y avère d'une lumière autant spirituelle que charnelle. Nourri d'alchimie et d'ésotérisme, de Renéville rappelle à quel point la poésie du second romantisme français a puisé dans les œuvres et les parcours occultes du martinisme (Martinez de Pasqually), de Swedenborg et d'Hoéné Wronski.

La grande surprise de cet ouvrage vient certes de ces “rappels” mais aussi de la pensée si revigorante de de Renéville qui parcourt chaque texte : « La Poésie doit être l'homme total. Son rôle est de développer notre conscience sur tous les plans de l'univers, et de nous en permettre par là-même l'identification. Il semble du moins que tel soit l'enseignement des anciens sages qui, loin de cultiver nos méthodes de division du travail, ne concevaient pas qu'une oeuvre puisse être érigée sans que le corps y participe par la danse, ou par le souffle, le coeur par l'intuition des rapports qui le relient à l'univers, dont toutes les coordonnées aboutissent à son centre de force, l'esprit par la majesté de ses conceptions qui ne sont que les masques des Idées-Mères.
»
Il ne faut pas lire ce livre comme une conception datée ou originale de la poésie mais bien comme une lecture et un déchiffrement d'oeuvres d'artistes qui consciemment ou inconsciemment ont reproduit, renouvelé, voir redynamisé des philosophies ou des pensées anciennes sinon antiques : « Ce qu'on a nommé le mouvement symboliste n'est sans doute que l'épanouissement de tout ce que le romantisme français contenait de philosophie secrète et mystique. Le romantisme allemant, dès la fin du XVIIIe siècle, élaborait une représentation idéaliste et magique de l'univers, particulièrement exprimée par Novalis, où tout aspect du monde sensible n'était plus que symbole et signe d'une Idée à laquelle son aspect se trouvait lié par la foi de l'analogie. »
Signalons enfin le travail critique du préfacier Patrick Krémer qui, par ses annotations ou informations, ne laisse aucun flou sur les ouvrages cités par l'auteur, souvent épuisés aujourd'hui.

 


Dominique Rabourdin : Infosurr n°22, mai 1998

Présentés et annotés (fort bien) par Patrick Krémer, Sciences maudites et poètes maudits réunit dix études d'André Rolland de Renéville, précédemment publiées dans des revues comme les Cahiers d'Hermès, Hermès ou la NRF, ou comme préfaces (à Louis Lambert de Balzac, à L'Histoire merveilleuse de Peter Schlemil de Chamisso) ou encore entièrement inédites. Patrick Krémer nous rappelle le rôle capital joué par l'auteur de Rimbaud le voyant aux côtés de René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte dans le “Grand Jeu”, et les liens qui l'unirent à Jean Paulhan et Henri Michaux. Rolland de Renéville travaille sur Swedenborg, Claude de Saint-Martin, Nerval, Baudelaire, sur le Livre des morts tibétains. “Situation d'André Breton” (écrit après sa lecture d'Arcane 17, vraisemblablement pour les Cahiers d'Hermès, qui s'arrêtent malheureusement après deux numéros) témoigne d'une compréhension profonde de l'auteur de l'Amour fou, de sa conception de la poésie et de ses rapports avec l'ésotérisme.

 

 


Liliane Lazar : The French Review, New York, février 2001

Patrick Kremer begins this edition of Renéville's work by pointing out the critic's unenviable link with his subject matter. Renéville is “un écrivain maudit”, in part due to his close alliance with the parallel sciences : astrology, occultism, and esotericism. Although Renéville was an integral member of the Grand Jeu, along with René Daumal and Roger Gilbert-Lecomte, he was consistently overshadowed by his two colleagues. Interestingly enough, Renéville's first published collection was entitled De l'adieu à l'oubli. Sciences maudites et poètes maudits reinstates Reneville as a literary critic and a man of reflection.
This collection of essays begins with a rapid examination of the writings of Martinez de Pasqually, Emmanuel Swedenborg, and Hoéné Wronski. Renéville emphasizes the belief in the Law of the Universal Analogy. If human creation is a priori flawed, it is possible to move closer to Divine Existence through the act of creation. All poets are necessarily “maudits”. The poems, however, give voice to the edenic state before the Fall, providing a reality where the visible world is merely an impermanent image. Although these three philosophers differ in certain respects, each supports the efforts to understand the mysteries of nature through science. This effort coincides with the poet's attempt to create understanding through the written word.
The second section of Renéville's book addresses specific writers. The author examines Balzac's theory of mystical symbolism in the first essay, “Les Thèmes de Louis Lambert”. The second essay, “Une source d'Edgar Poe”, explores Poe's notion that human beings contain the structure of the universe within themselves. This leads to absolute unity where tiny bits of the divine power are distributed to each person. This grandiose conception of poetry as mystical expression serves the foundation for the French symbolist movement. “Goethe and le tourment de l'infini” follows with an acknowledgement of human mortality. Renéville emphasizes Goethe's use of the sea as the universal matrix. Eternal beauty defies description, forcing Goethe into silence as he attempts to integrate his spirit and his limitations. Faust's grandest laments spring directly from this integration. “Chamisso et le symbolisme traditionnel” explores the experiences of a writer torn by his attempt to maintain dual allegiance to two countries. Chamisso examines temptation and alchemy throughout his writing.
In the next text two essays, Renéville analyzes the notion of the void as the ultimate expression of Absolute Reality. In both “La Poésie et le tourment de l'Absolu” and “La Poésie et l'occultisme”, Renéville cites Mallarmé as an example of a poet obsessed with the void. Mallarmé's spiral embraces the notion that it is impossible to separate humanity from nature. Finally, this section concludes with an essay on André Breton, “Situation d'André Breton”. Poetry was originally perceived as a means of expression rather than an instrument of dicovery. Renéville aptly illustrates how Breton championed the incantatory power of words.
This collection concludes with examinations of “La Civilisation grecque et les Mystères”, “La Pensée primitive et la légende de Gilgamesh”, “Le Livre des morts tibétain”, “Poésie tibétaine : le dict de Padma”, and “La Brhad-aranyaka upanisad”. Renéville's ability to narrow the gaps between Eastern and Western philosophies culminates in a synthesis of humanity and Nature and science and religion. Renéville succeeds in presenting a unique literary perpective. Thanks to Krémer's attention to details, Renéville's innovative approach to literature is once again available to all.

 

En mal d'aurore. Journal 1932-1975