CDO n°1

Pour une époque qui a élevé la vitesse, la fugacité au rang de valeur absolue, la notion, le terme même de postérité peut paraître d'un autre âge, préoccupation obsolète dont il convient de sourire, comme d'ailleurs de l'aspect élitiste qu'elle implique ; il n'en demeure pas moins que subsiste le mystère : pourquoi certains auteurs ont-ils à connaître le séjour du purgatoire ? L'ambition de Courant d'Ombres était, dans ce numéro inaugural, d'apporter quelques éléments de réponse à cette interrogation, de tenter de démonter le mécanisme hiérarchique qui régit le devenir d'une œuvre. Totalement libres de leur contribution, les auteurs sollicités n'ont, d'une manière générale, pas souhaité orienter leur réflexion dans ce sens, ce qui, en soi, constitue une manière de réponse. Les uns ont tenu à dire combien, pour eux, cette perspective de survie littéraire était peu importante en regard de la survie immédiate que l'écriture est censée apporter, cependant que certains reconnaissent que l'acte d'écrire est par essence une manière de s'inscrire dans la durée. D'autres se sont attachés à retracer la destinée de certains artistes, du sculpteur François Rude au poète Maurice Blanchard, en passant par Fernando Pessoa, Pierre-Albert Jourdan ou encore Jean Glineur. Enfin, pour conclure ce dossier sans le refermer, deux auteurs nous rappellent que tout est poussière et que nous œuvrons dans une langue vouée, à plus ou moins court terme, à la dissolution.

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