Prix du livre en Belgique

Publié le par pkremer

Contre vents et marées, à son image, la Belgique — ce non-pays actuel président-fantôme de l'Union européenne — maintient une taxe obsolète sans que personne s'en émeuve. Instaurée avant l'arrivée de la monnaie unique, cette taxe censée compenser les fluctuations des taux de change n'a évidemment, depuis l'entrée en vigueur de l'Euro, plus la moindre raison d'être. Mais voilà, dans un pays où les librairies sont une denrée rare, l'État belge s'obstine à maintenir une taxe inique. Alors même que nombre de lecteurs potentiels, d'écrivains décidément incohérents, se plaignent du prix du livre en France — quand les mêmes ne se privent pas de s'offrir une place de cinéma ou un repas quelconque dans un quelconque bistrot —, comment accepter qu'un livre soit vendu à Bruxelles en moyenne dix voire vingt pour cent plus cher qu'à Paris ? Veut-on, en ce pays désespérément inculturel, se priver définitivement des quelques lecteurs restants ? Préfère-t-on les voir dilapider leurs deniers dans les innombrables commerces de fripes envahissant le centre des villes ? Amuser le peuple, l'abrutir, l'empêcher de penser : unique trouvaille d'un pouvoir vacillant.

Publié dans Billets d'humeur

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